Cette semaine

Autres Interviews



Un commentaire?

Liste des interviews » Interview de Zita Swoon

Le 30 Octobre 2008
Par Pierre DERENSY

Avant de les retrouver sur scène, et toujours avec autant de plaisir, après vous avoir dit que de Miossec à Arno : il n'y a que compliments sur ce groupe, rencontre avec le leader de Zita Swoon : le plus formidable groupe mélangeant une tonne d'influences sous couvert d'un chanteur charismatique Stef Kamil Carlens, fondateur du groupe belge le plus fascinant de ces dernières années pourtant riches en formations de qualités made in belgium (Deus, Venus, etc.). Après avoir offert un groupe dans une boite, il me semble que « Big Blueville » est un album qui ouvre les droites fermées du carré ? Stef Kamil Carlens : «(rire) Ecoutes, nous avons toujours eu les bras ouvert depuis longtemps. Surtout depuis quelques temps ou l'on a cherché à rendre nos albums assez live et direct. » Apparemment « Big Blueville » est un disque réalisé pour la France et pratiquement que pour elle ? Stef Kamil Carlens : «Nous avions sortis en Belgique un album qui s'appelait « Big City » mais il n'est jamais sorti en France car nous avons eu des problèmes avec la maison de disque que nous avons quitté un peu après du reste. Cela nous a pris beaucoup de temps pour retrouver une maison accueillante. Entre temps nous avons tournés. Fait beaucoup de concerts ou les chansons avaient grandis, toujours dans une idée de croissance. A un moment nous les maîtrisions très bien donc nous voulions les réenregistrer pour ce nouvel album qui grâce à ces re-enregistrement est totalement frais pour le groupe. Si nous n'avions fais qu'éditer en France « Big City » cela n'aurait pas été la même chose. Nous n'aurions pas pu le défendre avec autant de conviction vu qu'il y avait déjà 1 an qu'il était sorti. Nous l'avons enregistré très vite. » Il y a 5 titres de « Big City » et quelques nouvelles chansons? Stef Kamil Carlens : «Oui et également quelques autres anciennes d'il y a longtemps car peu de personnes en France les connaissaient. Cela participait aussi à ce jeu de modification. Comme nous les avions intégré à notre répertoire scénique et que sur scène nous aimons bousculer notre musique, elles avaient énormément changées depuis leurs naissances. C'était interessant de voir ce qu'elles étaient devenues et par là même ce que nous étions devenus. » Sur ce disque, vous avez quelque part la chance des peintres : c'est-à-dire que vous reprenez des anciens tableaux pour leur ajouter un coup de pinceau ou un trait particulier qui modifie totalement l'ouvre ? Stef Kamil Carlens : «Ces chansons de plus de 10 ans ont mûri avec nous, elles sont vivantes et en tant que telles se doivent d'être parfois fixé sur un support pour se rappeler ce qu'elles représentent à un moment X. C'est assez rare en musique ce genre de chose, mais vous me parliez de la peinture, il y a des peintres qui ont repris des thèmes plusieurs fois dans leurs carrières en donnant des formes totalement différentes. L'exemple le plus connu c'est l'autoportrait. En faisant ça vous pouvez surtout ressentir une évolution humaine. Chez Zita Swoon ce n'est pas une personne mais un groupe de 7 personnes. » Comment se déroule la vie de Zita Swoon en matière artistique ? Stef Kamil Carlens : «C'est mon groupe mais cela reste un groupe. Le son que vous entendez c'est le résultat de 7 personnes qui empilent et mixent leurs idées. Si vous voulez : je suis le régisseur (rire). Ici pour « Big Blueville» il n'y avait même plus d'histoires de maquettes ou je serais seul et après une mise à plat ensemble, nous les connaissions tellement biens que nous les avons joués 2, 3 fois et tout était réglé. » On dit souvent qu'il est difficile pour un groupe qui s'épanouit sur scène de faire un bon disque en studio, avec celui là vous y êtes arrivé ? Stef Kamil Carlens : «Je ne sais pas ce qu'est « un bon disque ». Tout ce dont je suis sur c'est que j'ai décidé depuis quelques années de séparer le disque et la scène. Ce sont 2 mondes différents. Les gens achètent un ticket pour aller voir un concert et nous, notre job, c'est de donner une chouette soirée au public. L'énergie qui est là sur scène est très différente du studio. La scène c'est une énergie sur un moment : tout le monde participe, nous et le public mais aussi les techniciens qui nous accompagnent. En studio, parfois il nous arrive de travailler à 2 ou 3, en rentrant dans les détails. Et justement à ce moment là, tu n'as personne d'extérieur pour te donner l'énergie. J'adore travailler sur le raffinement d'un titre. Rajouter des couches pour rendre le produit fini simplement beau. » « Big Blueville » est un album aux rythmiques variées, d'une certaine manière Zita Swoon n'arrive pas à trancher entre le club blues et l'enceinte funky ? Stef Kamil Carlens : «C'est ce que l'on veut être. Avec un coté mélancolique, intime et ce raffinement qui vient du blues. Et c'est pour la scène que Zita Swoon parfois se lâche dans certains titres. » Dans vos textes également il y a ce mélange entre mélancolie et optimisme ? Stef Kamil Carlens : «J'aime dire que je suis un optimiste avec le cour lourd. » Il y a aussi ces voix féminines qui forment presque des duos avec votre voix alors qu'avant elles n'étaient que des soutiens à vos chansons ? Stef Kamil Carlens : «Je cherche à trouver une balance. Ne plus savoir qui est le chanteur et qui est la choriste. J'aime bien leurs voix. J'aime leurs états d'esprits. Je veux, et je pense y arriver grâce à elles, à avoir une deuxième opinion sur la chanson. C'est ma part féminine peut être (rire). » Quand Miossec ou Arno vous encensent, cela vous pousse à continuer ? Stef Kamil Carlens : «Bien sur ! ce qu'à fait Miossec c'est incroyable. Comment il a insisté partout pour parler de nous, qu'il prenne le temps de le faire. Pour nous ce fut l'un des plus beau cadeau de ces dernières années. Miossec l'a fait avec tout son cour. Arno aussi d'une autre manière. » Zita Swoon est un groupe pluriethnique ? Stef Kamil Carlens : «Les filles sont africaines et le percussionniste est cubain. vous avez déjà 3 nationalités sur scène. » C'est aussi une belle manière de montrer la richesse de la Belgique ? Stef Kamil Carlens : «Peut être. Cela donne de différents angles. Cela enrichi l'esprit et élargit les possibilités musicales. » Vous avez changé de maison de disque suite à la crise ou par manque de liberté ? Stef Kamil Carlens : «Non, nous étions libre partout. Chez V2 ou ici. j'ai changé tellement de fois de maisons de disque que je ne pourrais plus les compter. On est un groupe difficile à placer. Nous ne sommes pas une évidence pour la radio et sûrement pas évident à vendre (rire). Depuis 15 ans, nous avons toujours essayé d'être respectueux de notre public. Nous changeons le look de la scène régulièrement, les arrangements tous les 6 mois.» Vous allez encore faire des collaborations avec le théâtre ou la danse ? Stef Kamil Carlens : «Notre prochain projet c'est une collaboration avec une compagnie de danse de Bruxelles. On n'a jamais envies de se déclarer fidèle à une forme d'expression. J'aime bien l'idée que toutes les possibilités restent ouvertes. Je fais ce boulot de musicien pour avoir une grande liberté avant tout.»

Propos recueillis par Pierre DERENSY

Vos réactions (nombre de commentaire(s) : 0)  

*
Code image (a ressaisir) : *
Commentaire *

 


Contact - Qui sommes nous ? - Chroniques - News - Les liens - Plan