Surtout ne lui demandez pas de définir The Bridge. Le" />


Les autres albums

  • The Bridge (2009)
  • Les portraits » Melanie Fiona


    Surtout ne lui demandez pas de définir The Bridge. Le premier album de Melanie Fiona, jeune auteure-compositrice-interprète canadienne et caribéenne, dévoile en effet les innombrables forces et influences qui rivalisent chez cette jeune femme à la fois forte et sexy, d’une nature contemplative et joyeuse. Malgré la diversité des humeurs et des réflexions de ce premier opus qui conjugue soul et pop, cette fille met indéniablement toute son âme dans sa musique.


     


    L’album s’intitule The Bridge,” explique avec enthousiasme la jeune femme, qui a déjà partagé la scène avec une foultitude d’artistes, notamment Akon, Lupe Fiasco, Robin Thicke et Keyshia Cole. “Parce qu’il franchit les barrières qui séparent les ethnicités, les genres, les générations et les sexes. La seule chose qui pourrait le définir c’est son âme, qui est assez ancienne mais avec aussi une certaine fraîcheur.” Un disque qui reflète aussi la dualité de l’exubérante personnalité de Melanie Fiona, car tout en restant fidèles à la grande tradition d’artistes soul légendaires comme Sam Cooke, Nat King Cole et Gladys Knight, ses chansons ont aussi une pêche et une authenticité résolument actuelle. Le son de Melanie Fiona réconcilie le passé et le présent en intégrant avec talent et cohérence des samples de standards soul, créant au final un ensemble de grande qualité et profondément personnel, à l’instar des artistes qui l’ont influencé : Bob Marley, Sade et Patsy Cline.


     


    Melanie, fille d’immigrants guyanais qui a grandi dans le centre-ville de Toronto, a toujours baigné dans la musique et a compris très jeune que c’était sa passion. “J’étais petite et menue, mais j’avais une voix puissante,” dit-elle en riant, avant de préciser que elle chantait à la moindre occasion dès qu’elle a su parler. “Ma mère, qui adore aussi la musique, écoutait plein de disques à la maison, des Ronettes à Whitney Houston. Mon père était guitariste et me laissait assister aux répétitions de son groupe. Ils m’ont énormément influencée tous les deux.” Très jeune, Melanie Fiona a compris le sens du sacrifice, mais aussi les vertus du travail et de la patience. “Mes parents ont travaillé très dur pour nous élever, mon frère et moi.”


     


    Depuis qu’elle a été découverte par Carmen Murray de Title 9 Productions, Fiona chante, écrit et donne des concerts, sans cesse par monts et par vaux. Elle a également eu la chance de découvrir les tenants et les aboutissants du métier avec Michael Michel et Murray. “J’ai eu énormément de chance d’être entourée de personnes qui m’ont beaucoup appris et permis de me développer sur le plan artistique.” Ce sens aigu de la famille se retrouve dans l’équipe dont elle a pris soin de s’entourer pour cet album avec notamment les managers Jay Brown et Tyran “Ty Ty” Smith de Roc Nation.


     


    Melanie Fiona écrit ses propres chansons depuis des années et a même contribué au deuxième opus de Rihanna. Pourtant sa collaboration avec Andrea Martin, célèbre pour avoir signé certains tubes de En Vogue, Angie Stone ou encore “Better in Time” de Leona Lewis et tant d’autres, s’est avérée capitale pour The Bridge. “J’ai accroché avec Andrea dès que je l’ai rencontrée,” confie-t’elle. “Nous avons développé ensemble une relation de travail très particulière où nous nous inspirons mutuellement … Cette collaboration a été très enrichissante sur le plan artistique. Andrea m’a prise sous son aile et pour moi cela a été magique.” En partageant leurs expériences vécues, elles ont collaboré sur certaines des chansons phares de cet album.


     


    Pour son plus grand bonheur, les Future Cut ont concocté “You Stop My Heart” autour d’un sample de l’une de ses chansons préférées, “Venus” de Frankie Avalon, tandis que “Ay Yo”, une chanson qu’elle a écrite mais également réalisée en collaboration avec le duo de producteurs britannique, est comme son “bébé”. “He’s Alright” et “Please Don’t Go” ont été produits par Vada Nobles, célèbre pour avoir travaillé sur The Miseducation of Lauryn Hill. Melanie a également collaboré avec d’autres producteurs comme The Stereotypes de Los Angeles, J. Phoenix de New York, Peter Wade, le collaborateur de Natasha Bedingfield, ou encore Salaam Remi, qui a notamment travaillé avec Amy Winehouse et Nas. Andrew Wyatt, Rob Fusari et Angela Hunte ont également prêté main forte à ce projet. Parallèlement, Melanie Fiona dévoile aussi ses racines caribéennes en interprétant “Somebody Come Get Me” de Supa Dups pour la compilation Reggae Gold 2008.


     


    Le premier single, “Give it to Me Right”, est un appel aux armes festif qui s’appuie sur un sample de “Time of the Season” des Zombies et affirme avec fraîcheur l’indépendance des femmes, un autre thème cher à Melanie qui pense que la présence de femmes fortes dans son entourage l’a aidée à avoir confiance en elle. “Pour moi il est important qu’en écoutant la musique les femmes se sentent fortes, sexy et belles, sans aliéner les hommes.”


     


    Les auditeurs ne manqueront pas d’apprécier cette force et cette impertinence qui se dégage de The Bridge. “Je dois donner tout ce que j’ai avant de mourir,” chante-t’elle dans “Ay Yo”, une déclaration digne d’une jeune femme promise à de grandes choses. Mais Melanie n’est pas non plus du genre à vouloir précipiter les événements.


     


    Ce fut un long chemin, qui m’a notamment amené à parcourir le monde entre Toronto, New York, Los Angeles, Miami, Kingston et Londres pour l’enregistrement. Si un peu plus de temps s’avère nécessaire pour peaufiner le projet, je suis disposée à le faire. En grandissant à Toronto, j’ai été confrontée à des cultures et des musiques différentes, auxquelles je rends hommage dans mon disque. Je ne pense pas qu’il soit possible aujourd’hui de dire quel style de musique les gens écoutent en se basant sur leur tenue vestimentaire, leur âge, ou leur origine ethnique. Je suis le pont où se mélange la musique avec laquelle je crée mon son”.


     


    C’est une expérience unique dans ma vie,” poursuit-elle. “Je ne serai plus jamais une nouvelle artiste qui découvre et apprend les règles du jeu.” Quoiqu’il advienne de The Bridge qui sortira sur SRC/ Motown Universal Records au printemps 2009, Melanie Fiona est prête à tout. “Je vis toujours modestement et j’apprécie les petits bonheurs de l’existence et je veux que les gens le sentent. J’ai une opportunité de monter sur scène, mais je veux que ceux qui m’écoutent sachent que je suis juste comme eux.”