Cette semaine

Autres portraits



Les autres albums

  • Libert (2009)
  • Khaled (2001)
  • Les portraits » Khaled

    Comme bien des artistes maghrébins, Khaled, qui a vu le jour un 29 février 1960 à Sidi El Houari, un ancien quartier judéo-espagnol d’Oran, a subi les influences de divers courants musicaux. Tour à tour, dès 1962, l 'Algérie, fraîchement indépendante, a frétillé sur du twist, vibré au son psychédélique, du pop couleur Woodstock‑Wight, s'est trémoussée sur les riffs sauvages des guitaristes de Johnny Hallyday (il a donné un concert au Casino d’Oran en 1966) et Elvis Presley, dont les films battaient des records d'affluence que n'égalaient que les films « hindous », a chialé à cause des lamentos hispaniques de Joselito, le gosse espagnol à la voix d’or, et des ritournelles enamourées du rossignol brun égyptien Abdel Halim Hafez, a été charmé par les mélodies d'Idir le Kabyle, auteur de A Vava Inouva (1973), premier tube international africain, avant de s'amouracher du tempo reggae. Tout cela n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, mais, bien avant de devenir le roi du raï, Khaled avait surtout un faible pour la chanson marocaine. Au début des années 1970, dingue du maestro El Alami (ex‑directeur de l'orchestre régional de Casablanca) et en hommage au miraculé richissime folklore du Maroc, remis au goût du jour par Nass El Ghiwane, il monte un groupe Noudjoum El Khams (Les cinq étoiles) qui tiendra le coup jusqu'en 1975, sur fond de conflit algéro‑marocain à propos de la question du Sahara occidental.

    L’autre courant majeur, qui avait marqué « young » Khaled, est le gharbi, un genre typiquement oranais, né au carrefour d’une pluralité musicale et d’une cohabitation sociale et ethnique et, donc, d’un croisement entre mélopées égyptiennes, mélodies du cru et bouffées d’airs occidentaux. C’était de la world avant la lettre, avec ses figures emblématiques comme Abdelkader Khaldi (1896 – 1964), Cheikh Hamada (1889 – 1968), Cheikh Madani (1888 – 1954), Cheikh Bouras (1909 – 1959), pionniers du folklore oranais, Ahmed Wahby et Blaoui Houari, pères de la chanson moderne oranaise, M’hamed Benzerga et sa pédale wah-wah, et Ahmed Saber, vedettes du premier raï « rurbain », grandi entre asphalte et bitume.


    .../...


    RM

     


    Contact - Qui sommes nous ? - Chroniques - News - Les liens - Plan