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  • When the World Comes Down (2009)
  • Dirty Little Secret (2005)
  • All-American Rejects (2003)
  • Swing Swing (2003)
  • Les portraits » The All-American Rejects

    Le leader de The All-American Rejects (AAR), Tyson Ritter, chante ce couplet de ‘Mona Lisa’ pour la 29ème fois. « Ok, bonne prise », commente la voix derrière la vitre. « Il y a de bonnes choses là ». Le producteur Eric Valentine (Queens Of The Stone Age, Taking Back Sunday, Good Charlotte…) est assis derrière la console de son studio Barefoot Studios et prodigue ses brillants conseils. En studio, le groupe originaire d’Oklahoma enregistre son troisième album en prises live. Bienvenue dans l’antre de la création, où les esprits se mélangent, les riffs fusent, les voix transportent, les vies changent et une success story du rock moderne déjà multi-platine prend un nouvel envol. Mais pour The All-American Rejects, la route qui les a mené à ce troisième album, When The World Comes Down, a été tout sauf une ligne droite.


    « Cet album ne s’est fait pas sans accroche » confie Nick, guitariste, avec un sourire en coin. « Après le succès de Move Along, on a ressenti le besoin de se lancer un challenge et de grandir. Et de transmettre cette envie d’évoluer à nos fans. Sur le dernier album, on avait déjà toutes les chansons avant d’entrer en studio. On était complètement prêts. On a juste eu à se pointer au studio, enregistrer nos parties, Howard Benson s’est chargé de la production et six semaines plus tard, c’était bouclé. Ce nouvel album représente où nous en sommes en tant qu’être humain aujourd’hui, pas juste en tant qu’artistes. C’est pour ça qu’on a fait ces voyages en bus et qu’on s’est enfermés dans des chalets isolés pour retrouver cette espèce de torture qu’on éprouvait avant qu’on ne vende des disques ».


    Des voyages en bus ? Des chalets isolés ? De la torture ? « Quand on a commencé à travailler sur ‘Real World’, un titre plutôt agressif, on s’est réuni dans une pièce, on a commencé à joué et c’était naze ! » se souvient Mike, guitariste. « Donc, avec Chris (batteur), on est descendu en Floride chez Nick et Tyson (basse/chant) et on s’est posé pendant un mois. Tyson a une petite batterie électronique et un tout petit ampli pour répéter. On a branché la batterie sur l’ampli et la chanson est venue naturellement. C’était cool. Pour ce qui est des chalets perdus et des voyages en bus, il faut demander à Nick et Tyson ! »


    « ‘Breakin’ nous est venu pendant nos excursions en bus », raconte Tyson. « J’ai écrit le refrain au studio d’Eric, mais après plusieurs semaines de travail classique en studio, j’en ai eu marre et je suis devenu claustrophobe, j’ai perdu ma touche. Je devenais mou, j’avais l’impression de tomber dans un vortex, emportant tout ce que je touchais dans ma chute. J’étais déprimé et pire encore, j’avais peur de me laisser aller, ce qui signifie la fin pour un artiste. Du coup, Nick et moi avons grimpé dans un bus et on a pris l’autoroute vers l’est en s’arrêtant où on en avait envie. Et ‘Breakin’ nous est venu sur la route, juste moi et Nick à l’arrière du bus, à travailler les différentes parties, les guitares, le refrain… Cette chanson est très différente pour nous. Différente et étrange ».


    « Tyson et moi, on se connaît si bien que deux semaines ensemble à l’arrière d’un bus se passent sans aucun problème personnel », commente Nick. « On est ensemble là-dedans. Je le connais depuis que j’ai 14 ans. On a évoqué ce qui pourrait mal tourner et on a accepté ce procédé tous les deux. On savait qu’on évoluait. Pendant notre escapade dans un chalet à Rabun County en Georgie, où a été tourné le film Délivrance, on a écrit 4 chansons, dont deux sont restées sur l’album : ‘Damn Girl’ et ‘Falling Apart’. C’était à peu près le 12ème jour d’exil pour nous, on commençait à craquer et Tyson a dit : ‘Restons encore un jour, juste un jour’, et il s’est assis au clavier avec son casque pendant que je jouais le refrain d’un autre titre à la guitare et il m’a dit ‘OK, je l’ai !’ et il m’a joué le refrain de ‘Mona Lisa’ et j’ai tout de suite trouvé ça super. On est rentré pour finir le morceau avec le reste du groupe mais quelque chose n’allait pas. Ca sonnait comme de la country du sud avec des changements d’accords trop rapides. On était très frustré, on l’a joué à Eric et il nous a dit : ‘quel est le problème avec la démo ? Jouez la comme ça’. Et ça a marché, on l’a enregistré en une prise live et depuis on l’adore. Le thème qui revenait toujours pendant l’enregistrement était de retrouver notre première inspiration pour une chanson. La doctrine du moins c’est plus l’a emporté sur l’acharnement ».


    Au délà d’un groupe, AAR c’est d’abord quatre amis qui se sont découverts et qui ont vécu le rêve américain. Tyson et Nick ont fondé le groupe et ont sorti le premier EP Same Girl, New Songs à l’été 2001. Mike et Chris sont arrivés en 2002 et le quartet a sorti son premier album éponyme le 15 octobre. Le disque s’est classé parmi les meilleures ventes, porté par le single « Swing Swing ». Au total, 1.2 millions d’albums vendus. Ils se sont ensuite lancés dans une tournée marathon jusqu’en juillet 2005, avec la sortie du deuxième album Move Along, sur lequel on retrouve les tubes ‘Dirty Little Secret’, ‘It Ends Tonight’ et ‘Move Along’. Bilan : 2.2 millions de copies écoulées. De gamins du bled à stars multi-platine, les garçons de The All-American Rejects se sont construits une route vers le sommet de la pop grâce à de bonnes chansons et une relation authentique avec leurs fans.


    Si le succès peut parfois faire des dégâts dans les jeunes esprits, il n’a que rapproché les 4 AAR davantage. Le secret tient dans la personnalité et les bonnes manières. « J’étais à l’université de Central Oklahoma, je me destinais à devenir kiné », songe Chris. « Jusqu’à ce coup de fil de Tyson. J’ai immédiatement tout lâché pour rejoindre le groupe. J’adore jouer de la batterie et j’aimerais pouvoir faire ça tout le temps. Plus je joue, mieux je me porte et moins je peux faire de conneries ! J’avais l’impression de gagner au Loto quand je gagnais 50 dollars par concert sans avoir à travailler pour gagner ma vie. Le succès est relatif. Quand on a eu notre premier disque d’or, j’ai commencé à me dire ‘Ouais, ça pourrait être le début d’une longue histoire’. L’enregistrement de When The World Comes Down nous a encore plus soudé. Tyson a vraiment mûri en un an. Comme nous tous ».


    Des titres comme ‘Believe’, qui évoque avec beaucoup d’émotion un ami décédé, les raisons qui font qu’on est ce qu’on est et ce qui se passe après la mort, le très ambitieux ‘Another Heart Calls’ qui est le premier duo du groupe emmené par la hauteur hypnotique de deux sœurs d’Alabama appelées The Pierces, le fiévreux, enrôlant et hurlant ‘Gives You Hell’ (écrit lors d’un road trip à Vancouver), le sautillant et effervescent ‘Falling Appart’ ou encore l’infectieux et entêtant ‘Damn Girl’ illustrent tous un sens de la composition bien rodé, une production vintage et un esprit défricheur, parfois même expérimental, qui séduira les fans de la première heure à coup sûr et auquel se rallieront également tous les amoureux de musique pop.


    « Je veux que cet album soit plus que simplement bon pour nous, je veux qu’ils soit bon pour nos fans », insiste Tyson. « Au final, nous ne sommes qu’un groupe, des amis proches, et nous prenons très à cœur ce que nous faisons. Quand le bullshit s’efface, il reste l’amour. Je ne suis pas une rockstar ou le héro de ma ville. Je ne suis personne. Et comme le dis la chanson, je ne suis personne tant que personne ne m’aime ».
     

     


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