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  • Ombres (2009)
  • Les portraits » Luciole

    Des flots de mots qui dévalent à la première personne et des refrains qui collent à la mémoire, des cascades poétiques et des envols romantiques, des chansons aux sentiments doux et des phrases slamées qui vont chercher très loin dans la conscience…


    Ombres, le premier album de Luciole, est un disque d’aujourd’hui. On y entend une fille libre, une fille qui aime et qui se rebelle, une fille qui aime croire au prince charmant mais qui sait tout de la guérilla des coeurs.


    Et on y voit se rencontrer des univers que les critiques opposent souvent : la chanson et le slam, unis et même dépassés dans le très singulier parlé-chanté de Luciole.


    À vingt-deux ans, elle sort un album qui émeut immédiatement tout en brouillant les frontières. Poésie et chant, âpreté et romantisme, sucre et poivre, rêves et confidences…


    Elle insiste : ce n’est pas un projet slam, mais ce n’est pas non plus de la chanson « normale ».


    Auteur, Luciole a été nourrie dès l’enfance par la chanson française – les Renaud et les Gainsbourg de l’imposante collection de disques de Papa. A neuf ans, elle commence le théâtre. Puis c’est l’amour de l’écriture qui arrive. Elle entre dans son premier groupe et, puisqu’elle est chanteuse, Luciole écrit ses premières paroles. À la fin du lycée, elle découvre le slam. Son écriture
    devient exutoire, se concentre sur des thèmes personnels qui, quelques années plus tard, vont constituer l’essentiel de la matière de son premier album. Après le bac option théâtre, elle entre au Conservatoire de Rennes. Elle plonge dans Electre, Ibsen, Koltès, les masques de la commedia dell’arte… Deux ans de fac d’histoire, de Conservatoire de théâtre, de slam et de cours de piano tout à la fois.


    Luciole atterrit sur une compilation montée après le triomphe du premier album de Grand Corps Malade. Elle saute le pas et part à Paris. Mais pas question d’enregistrer à la va-vite un disque opportuniste : elle veut trouver sa propre voie.


    La trajectoire s’éclaire avec la rencontre de Dominique Dalcan. Une vingtaine d’années les séparent et il propose de tenter une collaboration. Ils essayent sur un premier texte, puis sur un deuxième, puis un autre encore. Luciole et Dalcan se voient toutes les semaines en studio : « On évoluait, on coupait, on essayait. Au bout d’un moment, il m’a demandé si je voulais qu’il réalise mon album. Pour moi, ça allait de soi. »


    La transmutation est lancée : « Ce sont des textes écrits pour être dits, sans les chanter. » La parole apprend à se glisser dans des mélodies, s’adapte à l’économie de la chanson. « Les textes sont un matériau brut : ils peuvent exister seuls, et j’ai envie de continuer à les dire sur des scènes slam. Mais, quand je les chante, ils deviennent différents, c’est comme une nouvelle naissance… »


    Un seul texte est à nu, Le Coeur en miettes, chanté a cappella « exactement comme il existait déjà sur les scènes slam ».


    Et un seul a été écrit pour être d’emblée une chanson, Encore et encore, « construit avec des mots pris au hasard dans
    un livre ».
    Avec Dalcan, Luciole est allée chercher loin dans l’émotion : autour de sa voix tour à tour combative et pantelante, fiévreuse et apaisée, des arrangements qui l’habillent de très près – un rien de choeur, un trait de guitare acoustique, quelques accords de piano nocturne, des percussions à peine frappées, quelques bruits électroniques… Ni tout à fait ceci, ni tout à fait cela, mais totalement elle-même, une nouvelle artiste apparait.


    Luciole sort de la nuit.

     


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