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  • Asa (2007)
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    Sortie de son premier album le 16 octobre 2007

    Pour l??tat-civil, elle se nomme Bukola Elemide, n?e en septembre 1982 ? Paris o? elle restera ses deux premi?res ann?es. Mais au Nigeria, tout le monde l?appelle Asa (prononcez Asha), le ? faucon ? en yoruba. Trois lettres pr?monitoires d?un destin. ? Toute petite, je suis sortie de la maison et je me suis ?gar?e. Mes parents se sont inqui?t?s, m?me si ce n??tais pas la premi?re fois que je disparaissais. Cela a dur? des heures. Tout le quartier me cherchait. Au moment o? ils commenc?rent s?rieusement ? imaginer ne plus jamais me revoir, je suis r?apparue au bras d?une vieille femme qui m?avait trouv?e en train de me balader ? des kilom?tres de l?. Dans l'excitation qui a suivi, on m?a rebaptis?e : Asa, parce que j??tais agit?e et rapide, capable de changer tr?s vite de direction, comme le faucon. ?

    Certes, mais avec une id?e fixe en t?te. ? Je n?arr?tais pas de dire que je voulais devenir chanteuse. ? A la maison, la musique est pr?sente. Son p?re est fan de Fela, King Sunny Ade, Sade, tous les embl?mes de la musique nig?riane. Sans oublier Marvin Gaye et Bob Marley. A treize ans, elle quitte Festac Town, le quartier de Lagos o? elle a grandi, pour suivre sa scolarit? ? Jos, une ville situ?e plus au nord, sur les plateaux nig?rians. Elle va y rester cinq ans. Gardant toujours au fond de son c?ur ce d?sir de musique, symbolis? par une guitare.

    Et c?est en retournant ? l?or?e de ses 18 printemps ? Lagos, qu?elle pourra l?exprimer pleinement. Apr?s un an ? l?universit?, section Th??tre, musique et arts, elle d?cide de rejoindre l??cole de musique du fameux saxophoniste Peter King. ? Jusque-l?, je jouais de la guitare en autodidacte. Aborder la th?orie m?a permis de r?aliser plus d?ouverture quant ? mes id?es. ? Asa aurait pu continuer, mais voil?, le ? faucon ? d?cide d?aller ? se tester dans la rue et en concert. Rien de tel que d?affronter la r?alit?. ? En solo, elle reprend alors du Bob Marley, ? un auteur f?tiche ?, du Nina Simone, ? une voix surnaturelle ?. Elle se compose surtout un r?pertoire encr? dans la folk. Asa a tout juste 20 ans, et vit d?j?, tant bien que mal, de cette voix ? laquelle elle s?est toujours tenue.

    D?s lors, tout va s?acc?l?rer. ? J?ai envoy? une cassette au d?but 2004 au programme Visa pour la cr?ation de l?Afaa, le d?partement culturel du minist?re des Affaires ?trang?res fran?ais. Je pensais que c??tait une bouteille ? la mer et qu?il n?y aurait aucun retour. Mais j?ai eu la chance que l?on entende mon message. ? Elle d?croche la timbale : un cycle de professionnalisation au cours duquel elle va croiser le route de nombreux ? Africains ? : Manu Dibango, Richard Bona, Daby Tour?, Tony Allen, les Nubians? Soul, jazz, folk, afro-funk? Tous ceux-l? raisonneront bient?t dans sa musique.

    Forte de toutes ses exp?riences, sa personnalit? s?affirme et s?affine. Le petit faucon peut d?ployer ses ailes. En 2006, elle d?cide de poser les bases d?un disque, en prenant le temps et le soin n?cessaires, suivant une m?thode o? le feeling a beaucoup ? jouer. Elle trace la m?lodie, ajoute les paroles, puis les soumet ? Cobhams Emmanuel Asuquo. Plus qu?un arrangeur de talent, ce jeune Lagotien, aveugle et multi-instrumentiste, est son alter ego. Depuis trois ans, ils forment une ?quipe. ? Je donne l?impulsion et la direction, et lui ajoute ses couleurs. ? Il a r?alis? et coproduit cet album, co-?crit quelques titres aussi.

    Qu?y d?couvre-t-on ? Les visions singuli?res d?une jeune femme bien de ce monde, c?est-?-dire aux horizons d?finitivement pluriels, irr?ductibles ? un style. ? La musique est un voyage sans fin. Plus j?avance, plus j??coute toute sorte de styles. Mais je n?oublierai jamais mes racines africaines, qui sont le trait le plus embl?matique de mon chant. ?, insiste celle que l?on a t?t compar?e ? Tracy Chapman, l??g?rie folk dreadlock?e. Sans r?futer les parall?les en tout genre, Asa en mesure vite les limites. ? On me compare aussi ? Erykah Badu ou Jill Scott. Je le prends ? chaque fois comme un compliment, car j?ai beaucoup appris d?elles. Mais la premi?re le?on que j?ai retenue de toutes, c?est de rester moi-m?me. ? Avec toutes celles-l?, elle partage le go?t pour la sophistication qui rime avec conscientisation. F?ministe ? ? Non, juste moi-m?me. ?a me suffit. ?

    Ce sont de telles paroles que porte sa voix si douce, aux accents plus graves si n?cessaire. Elle y ?voque la guerre, la souffrance, la tristesse, l?amour et sa foi dans le monde aussi. ? Je donne mon point de vue sur toutes les choses que j?ai v?cues, bonnes ou mauvaises. Du ghetto ? la fac. ? Ses mots sur nos maux prennent d?autant plus de sens qu?ils sont servis par des m?lodies qui, d?embl?e, vous p?n?trent de la t?te au pied, en toute sensualit?. En toute intimit?. ? Ma musique doit traduire les r?ves et espoirs que j?ai. Quand on d?cide monter sur sc?ne et de prendre la parole, il faut assumer ce r?le : ?tre un mod?le pour le public et transmettre des valeurs positives. ? Voil? ce dont parlent les onze pi?ces de ce premier opus. ? Chacune compose le puzzle de ma personnalit? ?. Tout comme ceux qui l?accompagnent r?sument la diversit? ? l??uvre. Le fl?tiste Magic Malik et un tapis de cordes cin?matique, une batterie tout swing et des percussions en pointill?s, de discrets beats r?b et deux guitares ?l?gantes, un orgue Hammond au toucher funky et une basse gorg?e de reggae?

    Embl?matique, le titre qui ouvre ce recueil. ?Jailer? ?voque ? l?ironie de l?oppression pas seulement politique ou raciale, mais dans la vie de tous les jours. L?esclavage moderne prend beaucoup de formes. ? Et pour mieux en souligner la port?e, la m?lodie s?appuie sur un contrepoint de d?licats claviers et de cordes sensibles. Tout comme ?Fire In The Mountain?, une m?taphore o? elle chemine du c?t? du reggae pour pointer les d?rives qui guettent. ? Il y a des choses qui se passent autour de nous et auxquelles nous ne pr?tons pas attention. Cela commence par des petites flammes jusqu?au moment o? ?a br?le dans de telles proportions que l?on ne puisse plus ?teindre l?incendie. ? Elle y r?pond dans le th?me qui suit, ?Eye Adaba?, ? la colombe ? en yoruba. Un air de trois rien, une guitare tout acoustique et une voix fragile et gracile pour chanter l?espoir et la paix. Ces trois chansons au fort pouvoir de s?duction r?sument l??tat d?esprit de cet album gorg? de bonnes vibrations. ? Je suis juste une chanteuse de soul qui a grandi avec toutes les musiques spirituelles. ? Avec Asa, la musique, c?est aussi simple que cela.

     


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