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Interview

  • 04/06/2007
  • Chronique(s) du meme artiste

  • Derri?re la porte
  • Les autres albums

  • Derri?re la porte (2007)
  • Les portraits » Jil Caplan

    Se m?fier des all?gations de certains cin?astes fran?ais. La vie n?est pas toujours un fleuve tranquille. Et le fait qu?il soit long, parfois, ne doit pas ?tre consid?r? comme une aubaine. Cela fait vingt ans que Jil Caplan enfile des perles et bondit de pas en pas comme ces Japonaises qui essayent d??viter la ros?e du matin tapie dans l?herbe. Emaill? de noms qui comptent et de chansons vivaces, son parcours n?est que palpitations : au rythme des rencontres de dr?les de types ? musique, de coups de c?ur, d??clats de rire et de voix.

    En 2007, elle revient sur le devant de la sc?ne avec ?derri?re la porte?, une nouvelle ?tape, certes, mais surtout un album point d?orgue, comme un instant suspendu, une vapeur d??cume entre deux vagues. Un disque miracle n? des retrouvailles fortuites avec Jay Alansky, qui, apr?s ses escapades ?lectroniques remarqu?es (A Reminiscent Drive), est tomb? sous le charme de quelques phrases, capables de raviver le feu comme une poign?e d?herbes s?ches.
    Un coup de fil, un th? br?lant, et des heures de discussion ont suffi pour faire revivre une complicit? qui a d?j? fait ses preuves. Pourtant, Jil Caplan n??tait pas certaine d?y croire encore: ?Je n??tais pas s?re d?avoir la force de continuer, d?avoir encore des choses ? dire, que ?a en vaille la peine. Et puis les chansons sont venues, sans id?e pr?con?ue, sans se poser la question de savoir quel genre d?album on allait faire. Je me suis plus investie dans des textes que Jay mettait en musique au fur et ? mesure que je les ?crivais. Il est directif, ? sa fa?on, mais laisse aussi beaucoup de latitude.?

    Aujourd?hui, ses mots puisent davantage dans la r?alit? abrupte d?un monde qui change, dans les anfractuosit?s de relations sentimentales pas toujours humaines, de maux crois?s au d?tour d?un ?chec : ?J?ai beaucoup ?crit la nuit, quand tout le mode dort et qu?on se sent capitaine de vaisseau. Un bout de texte donnait naissance ? une m?lodie et des arrangements basiques. Ensuite, pendant que Jay fignolait les arrangements, je peaufinais le texte. Faire ce disque nous a fait un bien fou. Nous ?tions tous les deux bless?s pour des raisons diff?rentes et l?album a ?t? comme un baume.?

    Fa?onn? au jour le jour, ? la maison (chez Jay Alansky), seulement tributaire de l?inspiration, ?Derri?re La porte? coule de source, foisonne de m?lodies qui coulent de source, subtiles dans leurs arrangements o? se m?langent les textures organiques et ?lectroniques pour former un ?crin soyeux ? la voix. L?insouciance des ann?es pass?es ? se construire a fait place ? une connivence fructueuse : ?La vie est brutale et laisse des gens sur le carreau, des c?urs ? la d?rive. Une nuit, la peur m?a r?veill?e. J?avais l?affreux sentiment d??tre seule au monde. Il aurait pu m?arriver n?importe quoi, personne ne l?aurait su, tout le monde s?en serait moqu?. ??Des toutes petites choses ??, ?Un ?ne sur la route ? ou encore ? On n?entre plus chez toi ? ?voquent cette peine que procure la solitude, l?abandon, le fait de ne plus ?tre touch?.?

    Mais il a beau ?tre la forme d?inconscience la plus torse, le bonheur continue d?appartenir ? ceux qui se l?vent avec le courage d?en d?coudre, de faire face, de jeter d?autres ponts vers d?autres rives. ?derri?re la porte? multiplie les appels du pied et les courants d?air chauds qui permettent de se maintenir ? bonne altitude, en vie et avide. Jil Caplan, ? la mani?re des peintres impressionnistes qui ne s??panchaient que par petites touches, et comme elle le chante si bien ici, est d?sormais capable de produire toutes les couleurs du monde et de les envoyer frapper aux portes. A nous de savoir les laisser rentrer chez nous.

    J?r?me Soligny

     


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