Cette semaine

Autres portraits



Chronique(s) du meme artiste

  • Darkel
  • Les autres albums

  • Darkel (2006)
  • Les portraits » Jean-Benoit Dunckel alias Darkel

    Surtout, ne pas se fier aux premi?res notes gla?antes, ? ce gimmick l?g?rement traumatisant, comme ?chapp? d?une B.O. d??pouvante, mais qui introduit au plus pacifique des messages : Be my friend. Bienvenue au contraire ? bord de Darkel, projet solitaire en forme de voyage sonore sign? Jean-Beno?t Dunckel, connu pour d?autre trips fameux depuis dix ans ? bord d?un engin ? deux places nomm? Air. D?minons d?embl?e la question que toute la galaxie se posera ? voyant arriver seul un de ses membres : le duo ne s?est pas d?sint?gr? en vol. Il est au contraire en pleine activit? puisque, apr?s avoir termin? un album pour Charlotte Gainsbourg il est d?j? en studio pour mettre en bo?te avant la fin de l??t? son quatri?me opus. Pourtant, Darkel n?est en rien un side-project dilettant con?u ? ses heures perdues par Dunckel, et encore moins un disque h?mipl?gique destin? ? satisfaire quelque ego capricieux. Il s?agit d?un premier album, avec l?innocence et la spontan?it? ?merveill?e qui caract?risent les premi?res fois, et c?est en m?me temps le r?ceptacle ambitieux et ?rudit d?un musicien aux id?es longues qui cherchait ? donner corps ? plus de dix ans de recherches sonores. Darkel est ?galement la premi?re r?f?rence d?un jeune label, Source etc., qui n?est autre que le ph?nix ressorti des cendres d?une officine bien connue, qui fut jadis la maison m?re de son groupe. Un retour aux sources symbolique s?il en est, m?me si Darkel s?inscrit r?solument dans le monde d?aujourd?hui, anticipant m?me souvent quelques paysages vierges, ce qui ne lui interdit pas des rappels non dissimul?s aux musiques qui ont marqu? durablement sa m?moire. Entre l?envie de table rase ? ? l?image du virulent TV Destroy qui s?amuse des ali?nations domestiques ? et ce naturel besoin de racines (Bowie, Kraftwerk?), Darkel parvient ? un juste et subtil ?quilibre sur lequel repose l??difice fragile de ses chansons.

    Jean-Beno?t Dunckel a beau ?tre l?un des h?misph?res de Air, ce n?est pas la moiti? d?un compositeur. Parmi les m?lodies, les th?mes, les illusions sonores qu?il accumule de son c?t? depuis des ann?es, certaines iront naturellement irriguer le tronc commun du groupe. Et puis il y a les autres, trop personnelles, bizarres, ou trop achev?es aussi pour s?en trouver boulevers?es ? quatre mains. Celles-ci, selon un tri intuitif, iront ? Darkel. A propos, n?allons pas chercher de significations ?sot?riques ? ce nom, qui rel?ve juste d?une petite ?quation de noms propres : Dunckel = Dark en Allemand. Dark + la moiti? de Dunckel = Darkel. Vous suivez ? Bon, reprenons aux origines discr?tes et nullement pr?m?dit?es de ce projet. Tout a commenc? en r?alit? du jour o? Jean-Beno?t a entrepris de construire son propre studio, qu?il baptisera Prototyp recording studio : ? le chantier du disque a d?marr? d?s le c?blage?, pr?cise-t-il, comme pour appuyer ce sentiment, que chacun ?prouvera en ?coutant l?album, qu?il s?agit bien d?une ?uvre faisant autant appel ? l?imaginaire qu?au rationnel, parfaite symbiose d?un homme et de son outil, de l?affect et du geste, comme la mat?rialisation sonore d?une longue r?verie dont le studio, fa?on chambre noire, serait en quelque sorte le r?v?lateur. On est ici chez un artisan du futur qui aime pourtant les sons analogiques, les prises (de son, mais aussi de risque) ? l?ancienne, la patine infiniment vallonn?e et profonde de ces instruments qui ?voquent un temps o? la pop-music ?tait encore un art na?f, une belle et noble utopie racont?e avec des notes, des harmonies, des mots, des filtres et des effets. Perp?tuellement en qu?te de l?accord parfait, c'est-?-dire celui qui procure sans pr?venir une sorte de convulsion extatique hors du commun, Darkel est avant tout un laboratoire d?di? ? la recherche ?motionnelle. Il a aussi pour ambition d??tre parfaitement ?tanche aux ondes ext?rieures, telle une bulle hors du temps, un mini-monde clos et pourtant terriblement accueillant. Il est ainsi beaucoup question de boucle, de cercle, de rondeur, tout au long de ces dix plages aux temp?ratures et aux ?clairages contrast?s. Le cercle des amis de Be my friend (morceau d?ouverture qui ne d?routera pas trop les candidats aux trips r?tro-psych?d?liques de 10 000 Hz Legend), le cercle du soleil (My own sun) de la terre (Earth, parti pour ?tre un bol?ro, et qui a tourn? au dub futuriste), de cette Pearl aux reflets surnaturels, l?arrondi toujours trompeur de ces m?lodies amniotiques qui sont en r?alit? le produit d?une grande ma?trise dissimul?e derri?re un voile de fausse candeur : cette voix mi-homme mi-enfant, ou mi-andro?de mi-androgyne. Ce disque est ? l??vidence celui des petits miracles, comme celui qui a pr?sid? ? l??criture de At the end of the sky, charmant et scintillant premier single aux accents de perfect pop-song qui est pourtant n? d?un demi-sommeil au cours d?un voyage en train, lorsque Jean-Beno?t entendit cette m?lodie color?e? ? travers le bourdonnement r?p?titif des machines filant ? vive allure sur les rails.

    Compos?, ?crit, enregistr? majoritairement en solitaire, le premier album de Darkel a toutefois re?u la visite de quelques musiciens additionnels pour des ajouts de couleurs ?a et l?. Il s?agit ? la fois d?un disque simple, l?ger et pop, souvent up tempo (TV Destroy, Beautiful woman), mais dont s??chappe au fil des ?coutes des ?manations de plus en plus enivrantes, d?routantes, notamment en raison de sa richesse instrumentale qui rappelle au souvenir de certains grands sorciers de studio. Il a enfin b?n?fici? des conseils pr?cieux d?un certain Kevin Leadbetter qui a peaufin? la tournure anglaise des textes, puis il a re?u ? l??tape finale du mixage la touche inimitable de St?phane ? Alf ? Briat, l?un des plus anciens membres de la n?buleuse Air puisqu?il mixa ? l??poque l?un de leurs premiers singles ainsi que le fameux Moon safari qui correspondit ? leur mise en orbite internationale. On souhaite d?sormais au satellite Darkel d?aussi glorieuses destin?es

    source: www.darkel.info // www.source-etc.com

     


    Contact - Qui sommes nous ? - Chroniques - News - Les liens - Plan